Cyclopes, 2017
Installation de 3 structures en bois, diapositives et bandes sonores, 2017

cyclopes

 

j’ai pensé à la mer inintentionnelle,
celle de Rafael,
celle qui arrive avec le ressac,
entêtante,

peur et tremblement
son rituel
le témoin
la cassure du jour arrive bientôt
moins que la somme de ses parts.

 


“ Il n’est pas question ici d’exotisme mais plutôt d’un sentiment de perte 
de repères face à des paysages qui ne font pas toujours sens. Souvent révélateurs de l’activité humaine, standardisés, ce sont des paysages qui ne nous renseignent pas sur l’endroit où nous nous trouvons. Sans appartenir à une culture précise, il serait possible d’en trouver de similaires sur les différents continents. Et c’est d’ailleurs en cela qu’ils nous interpellent : leur beauté étrange, ambigüe, nous procure un ravissement profond chargé d’indicibles inquiétudes.
Nous nous sommes réunis pour cette exposition car nous explorons, chacun à notre manière, nos réactions face au paysage. Nous partageons un questionnement commun et occuper cet espace ensemble nous semblait faire sens.

Plus que de chercher des réponses, nous tentons de faire une expérience sensible des lieux dans lesquels nous nous trouvons. La figure du Wanderer*, promeneur solitaire, n’est pas loin. Nous nous extrayons de notre quotidien et entrons dans une forme de contemplation. Cette attitude exige d’être dans une forme de solitude et un état de suspension, comme si le passage du temps n’avait plus d’importance. “

* Figure emblématique du romantisme allemand.

Élodie Marandon


The Flat, 2015, en collaboration avec Angéline Girard, Jang Jiyang et Song Joonho.
Exposé à la HEAR de Strasbourg à l’occasion de l’expo du jeudi
Installation, feuilles A3, impression noir et blanc, papier machine 80g

 

The Flat

 

Deux français, deux coréens, et une exposition à monter ensemble. Le problème du langage s’est posé tout de suite : les mots, les sons, pour nous comprendre nous parlons en onomatopées. Ces sons que nous connaissons tous et qui, pourtant, entre nos deux pays sont différents ; où le bruit d’une brosse à dent n’est pas exprimé de la même façon.
The Flat est un appartement franco-coréen posé au sol, et représenté par les sons ambiants qui l’habitent. Inspiré par le film de Lars Von Trier Dogville, le livre écrit et sonore de Thomas Braichet Conte de F_ et le poème sonore de Schwitters Ursonate, cette installation invite à se balader à pas feutrés dans une cacophonie visuelle du quotidien.

Gemstones, 2015
Dessins, 30 x 40 cm, 7 sérigraphies uniques encadrées.

 

Roches cosmiques

 

C’est lorsque la voûte céleste change de tenue, teintée de rose puis peu à peu de violet, qu’il est propice d’aller cueillir les roches cosmiques.
Il faut tomber dans le ciel, les yeux grands ouverts, se laisser porter par le cosmos. Dans l’immensité noire, les étoiles permettent de se repérer, mais c’est loin de leur lumière que se cachent les pierres. Elles sont minuscules face à l’infini qui les abrite. En suspension contre la voûte, les cueilleurs de roches cosmiques ramassent avec précaution de petites pierres aux couleurs lumineuses, teintées de l’univers. Des rouges de géantes, des jaunes de soleils, des bleus de nébuleuses, des verts d’ailleurs. Les roches cosmiques se forment à partir de trois pôles ; lorsque trois types de poussières interstellaires trouvent leur accord atomique et s’agglomèrent entre elles. Grains par grains, elles se constituent lentement, une éternité inconnue des hommes. Précieuses, seuls les initiés savent aller les chercher ; la cueillette est longue et modeste, les roches ramenées sont préservées.
Leurs couleurs et leurs formes me sont restées gravées, je n’en possède pas, mais je les dessine pour les faire exister.

 

Les Îles tempêtes, 2015
Objet à raconter, 22 x 11 cm, 8 exemplaires, pierres marbrées, sac en coton, impression couleurs sur papier simili japon 50g.

 

les îles tempêtes

 

Elles sont au nombre de huit, et forment l’archipel de la tempête.

Personne ne se l’explique, mais ces îles ont de fascinant qu’elles ne sont pas rattachées à la plaque continentale. Elles flottent à la surface de l’eau, ballottées par les vagues : leur ligne de flottaison varie. 
Sur la pierre céladon qui les compose, le va-et-vient incessant de l’eau dépose à certains endroits mousses et lichens, qui de loin donnent aux îles leur aspect bleuté.
Situées dans le Pacifique, entre les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants, les îles tempêtes occupent une partie de l’océan sujette à de nombreuses perturbations atmosphériques. Là où les masses d’air chaudes rencontrent les courants d’air froid océaniques ; là où ondulent les tempêtes et claquent les ouragans. Happées par les vents, elles se soulèvent, entament leur ballet aérien, et viennent recomposer la part d’océan où elles séjournent.

Aucune carte géographique ne les répertorie et peu de gens ont connaissance de leur existence ;
les îles tempêtes errent sur les flots.

 

Au premier matin du monde, 2016
Recueil de gravures, 15,5 x 21,5 cm, 14 pages, sur Vélin de Rives
Réalisé à la Métairie Bruyère, édité en 8 exemplaires.

Au premier matin du monde

 

« Au premier matin du monde


                          les grands astres,
                                   les tempêtes,
                         le bord du monde,

                                                                                           la révolte,

le pacte. »

 

Cette édition prétexte a expérimenter les techniques de l’eau forte telles que le vernis mou, le crevé ou encore l’aquatinte et le sucre, est un recueil d’images des grands thèmes de mon imaginaire du paysage, passant des célestes aux confins du monde terrestre.

 

La taille réelle des choses, 2016
Publication d’une revue non-périodique, A4, 11 pages, photocopies en noir et blanc

La taille réelle des choses

 

La taille réelle des choses est un revue de choses photocopiées en taille réelle. Je m’inspire de Mnemosyne d’Aby Warburg, historien ayant construit une histoire de l’art par connivence d’images et non par linéarité chronologique. Ainsi je collecte autour de moi, ici et là, des fragments du paysage, des mots, des extraits de textes,  des images. Je relie les éléments entre eux pour construire ma pensée en constellation.
Non périodique, la revue est distribuée par voie postale. Premier numéro édité à dix exemplaires.

 

« La mer, les îles, l’horizon,                                      tout ça.
Ma mémoire s’est imprégnée du paysage,
le fond de mes poches alourdit des fragments d’ailleurs.
Au rythme des vagues,
les éléments me sont revenus,

promenade en bord de mer. »

 

Extraits

 

Peinture de roche, série en cours depuis 2014
Peinture, 9 x 1,5 cm, pigments de pierre, huile de lin, tube en aluminium.

Peinture de Roche

 

Les paysages m’émeuvent,

la lumière changeante, le vent, le son de mes pas
et de mon coeur battant,

de ces moments je garde des souvenirs,
et dans le milieu liquide de ma mémoire
les paysages changent, se recomposent, s’inventent.

De mes balades je ne garde que quelques cailloux
dans les poches, ces pierres,
d’abord je les sens, je les touche,
je les observe, puis je les broie
en particules si fines qu’elles deviennent pigments,

je les lie à l’huile et je les mets en tube.

Chaque peinture tire son nom
du lieu où la pierre a été extraite,
du paysage il ne me reste qu’une couleur,

je n’en fait rien, je n’en ai pas besoin,
dans ce tube il y a déjà un paysage en soi.

 

Astérisme, 2016
Publication d’un livre de poésie et de photographie, 13 x 20 cm, 130 pages, noir et blanc

Astérisme

 

« Le travail de Julie Chane-Hive sollicite une multitude de formes qui sont autant de bribes d’une vaste narration. Tantôt sous l’apparence de récits, d’expédition ou d’objets, sa recherche oscille entre investigations géographiques, observations contemplatives et interrogations d’ordre poétique et métaphysique.

Dans ce livre qui a fait figure de catalogue, l’artiste trace un sentier entre les différentes pièces de son travail par le biais de courts récits, entrelacées de photographies. Le projet d’une oeuvre, sa réalisation et les récits qu’elle engendre deviennent ainsi indissociables, laissant au lecteur le loisir de faire lui-même la part entre parole authentique et fiction.

Plus qu’un catalogue, ce livre prend son autonomie et propose une incarnation vivante d’un récit vaporeux en constante mutation. »

Colin Thil

 

Disponible chez > Martian’s Parlor ! <
(http://martiansparlor.com/)

 

Extraits
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